Randonnées pédestres

42. Lugnorre – Le sentier des vignes

  • Durée: 2h45
  • Longueur: 8.5 km
  • Dénivelé: 287 m
  • Région: Le Lac
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Description

Postes

Carte

Description

  1. Garez votre voiture dans le parking de la grande salle de Lugnorre, au milieu du village.

  2. Montez vers le Vully pour aller visiter les casemates cachées en bordure du petit bois (poste 1).

  3. Suivez le chemin bitumé, direction nord-est. Passez à Sur le Mont de Praz (car. au pt 612, poste 2) puis montez vers le fragment de rempart reconstitué de l’oppidum du Vully.

  4. Empruntez un sentier herbeux, direction nord, vers Plan Châtel (pt 653.2), poste 3. Admirez-y le paysage (panorama).

  5. Descendez vers l’est par un sentier en terre battue, le plus souvent caché dans la végétation, jusqu’au pt 571, poste 4.

  6. Poursuivez la descente (ch. creux), puis entrez dans les vignes pour parvenir à Vaux de Nant (poste 5).

  7. Suivez le sentier viticole balisé pour arriver d’abord aux Roches grises (grottes) puis à Lugnorre (car. au pt 511, poste 6).

  8. Encore 500 m et vous serez au parking.

Ref. carte: Morat 1 : 25 000

La région

Communes et fusions

Mont-Vully

3 556 habitants le 01.01.2017

Communes ayant fusionné :

  • Bas-Vully
  • Haut-Vully

Lieux-dits

  • Môtier : Ce nom désigne une localité où existait une abbaye ou une église paroissiale importante
  • Praz : pré
  • Nant : ruisseau, torrent (du gaulois “ nantu “ : vallée et ruisseau)
  • Lugnorre : descend d’un composé en “durum “ : forteresse
  • Maladeire : léproserie, toujours située hors des localités
  • Plan Châtel : terran relativement plat sur un sommet
  • Les Rites : crêtes de montagnes

Bossard & Chavan, Nos lieux-dits, Cabédita

Découvertes archéologiques

L’Oppidum du Vully

Le Vully a été fréquenté, habité et fortifié à plusieurs reprises au cours de la préhistoire, en raison de la protection naturelle qu’il offrait à ses occupants. L’exploration archéologique de l’oppidum du Vully a débuté en 1978. L’Association Pro Vistiliaco a été fondée en 1977. Un gallo-romain du nom de Vistilius serait à l’origine du nom Vully. Des vestiges archéologiques permettent de reconnaître une occupation, ou du moins une fréquentation du site, à différentes époques au cours des dix derniers millénaires.

Mésolithique, fin de l’Age de la Pierre taillée (de -8000 à -4000)

Quelques éclats et outils en silex (pointes de harpons) attestent une fréquentation du Mont par des chasseurs-cueilleurs nomades.

Néolithique (de -4000 à -2000)

Deux haches en pierre polie témoignent de la présence ou du passage d’agriculteurs-éleveurs dans la région (villages lacustres).

Age du Bronze (de - 2000 à -800)

Quelques éléments de céramique, des traces de poutres, des charbons de bois, des mottes d’argile prouvent l’occupation de la colline à cette époque.

Epoque de Hallstatt (de -800 à -500)

Les témoins de cette époque sont rares : quelques éléments de céramique et des fragments de bronze.

Epoque de La Tène (de -500 à 0)

On a retrouvé des charbons de bois, des tessons minuscules, des fragments de verre, de bronze, de fer, 2 monnaies celtiques, des pots et des écuelles, un polissoir en grès, un fragment de sol de cabane.

La surface totale de l’oppidum, y compris le secteur oriental, couvre environ 50 hectares. Cette prestigieuse fortification a été abandonnée après un violent incendie qui en ravagea l’intérieur uniquement. Une épaisse couche de charbons de bois (10 - 20 cm) a recouvert l’intérieur de la “ casemate “ et ses abords immédiats. L’incendie du Mont Vully aurait bien été intentionnellement provoqué en 58 avant Jésus-Christ, lors de la tentative d’émigration des Helvètes, et il faut donc ranger ce site au nombre de la douzaine d’oppida signalés par César. Aucune occupation du site n’a été décelée jusque dans la seconde moitié du 1er siècle de notre ère. Les ruines ont pourtant attiré des occupants gallo-romains plus d’un siècle après les événements de la Guerre des Gaules. Ils se sont installés à “ Sur les Planches “et également à l’emplacement de la “ casemate” sud. Les matériaux des remparts qui se sont effondrés ont été réutilisés dans d’autres constructions. C’est ainsi que l’on explique la disparition presque totale par endroits du volume du rempart.

Le village englouti

Le village de Chaumont, situé à l’ouest du Mont Vully, fut détruit par un incendie en 1727 et partiellement reconstruit en 1790. A cette dernière date, il comptait 117 propriétaires. En 1840, il ne restait pourtant que quatre maisons. Il faut dire que ce village a été victime à plusieurs reprises de glissements de terrain et d’éboulements qui dévastèrent le Mont Vully au temps où celui-ci n’était pas encore boisé.

Le sentier viticole

Le sentier viticole a été inauguré en l’an 2000. Dominant le lac, le parcours offre une vue superbe. Ponctuant le trajet de 3 km, une dizaine de panneaux présentent en français et en allemand tout le travail des vignerons, les vendanges et toutes les étapes qui conduiront au fameux nectar final. Viny, l’enfant-grappe, la nouvelle mascotte du Vully, s’adresse plus particulièrement aux enfants. Avec des dessins et des textes simples, il aborde différents aspects, présentant le fruit, les produits qu’on en tire, le cycle des saisons, etc.

Les casemates du Vully

Nettoyé en deux semaines par une trentaine de soldats, le “réduit du Vully” est à nouveau bien lisible sur le terrain. Cette expression désigne le complexe de défense construit sur les hauts de Lugnorre, en 1914, au début de la Première Guerre mondiale. L’ancien colonel brigadier Jürg Keller qui habite Sugiez se passionne depuis longtemps pour ces ouvrages militaires. C’est lui qui a pris l’initiative de montrer au public, à l’occasion d’Expo 02, ces témoins du début du vingtième siècle. M. Keller explique qu’en cas d’attaque c’était à la fois un poste d’observation, un poste d’artillerie, un poste de commandement, un poste de ravitaillement et un poste sanitaire. Quelque 250 hommes pouvaient s’y abriter. Entre 1914 et 1918, près de 3000 hommes ont été mobilisés au Vully. Durant la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux ouvrages sont venus se superposer à ceux de la première. Des places de pique-nique et des panneaux explicatifs y ont été aménagés.

Le Vully

Le Vully est une terre à part. Il l’est par sa géographie, son histoire, sa mentalité. Les deux communes actuelles du Bas-Vully et du Haut-Vully, rattachées au canton de Fribourg en 1798, eurent d’abord des maîtres différents : au 12ème siècle, le Haut appartenait au comte de Neuchâtel, le Bas aux ducs de Zaehringen. C’est au lendemain de la bataille de Morat que le Vully “fribourgeois” fut rattaché au bailliage de Morat, sous la double obédience de Berne et de Fribourg. Francophone dans un district majoritairement alémanique, réformé dans un canton majoritairement catholique, fribourgeois se frottant tout à la fois aux Vaudois, aux Neuchâtelois et aux Bernois, le Vully ne pouvait se définir que par un statut de “multiminoritaire”. Des siècles durant, des générations de vignerons, d’agriculteurs et de maraîchers se sont battus pour dompter une nature rebelle et ont légué à leurs descendants un tempérament besogneux. La vie associative est très développée dans le Vully. Cet esprit communautaire se manifeste lors de la Fête des vendanges qui a lieu chaque année à Praz. Les sociétés locales ou des institutions comme les pompiers ou les contemporains sont de véritables portes d’entrée pour le non-Vulliérain qui cherche à s’intégrer. La présence germanophone est surtout perceptible en saison touristique. La plupart de ceux qui s’y sont établis ont fait le pas de l’intégration. Le Vully défend farouchement la prépondérance du français. Cependant, la proportion d’Alémaniques n’est plus très loin de la masse critique qui justifierait une administration bilingue. Le Vully possède des atouts touristiques enviables : le charme et la diversité du site naturel, son climat agréable, le lac, des curiosités comme les Roches grises ou son bloc erratique, un sentier botanique et un autre viticole ou encore son oppidum. Le Vully sera amené à intensifier ses rapports avec ses voisins vaudois, bernois, voire neuchâtelois. Dès 2005, les étudiants vulliérains fréquenteront le gymnase intercantonal de la Broye à Payerne. D’après Claude-Alain Gaillet dans “Le District du Lac”

La faim ne dit pas “pain rassis” ni le froid “vieil habit”.

Moins on parle, et bien souvent mieux l’on pense.

Charles Augustin Sainte-Beuve.