Randonnées pédestres

71. La Valsainte - Le Pré-de-l'Essert

  • Durée: 3h00
  • Longueur: 9 km
  • Dénivelé: 276 m
  • Région: La Gruyère
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Description

Postes

Carte

Description

  1. Garez votre voiture dans le parking du couvent de la Valsainte.
  2. Parcours entièrement balisé, donc facile à suivre.
  3. Partez vers le nord. Au 1er carrefour, restez à droite. Ne montez pas à gauche, vers l'Auta-Chia.
  4. ~500 m après ce carrefour, vous passez devant le restaurant des Mossettes (poste 1), rendu célèbre par Judith Baumann et Jean-Bernard Fasel.
  5. Ce 1er tronçon n'est pas le plus agréable, à cause du goudron. Il est par contre agrémenté par le grondement des nombreux torrents qui dévalent les pentes du massif de la Berra et qui traversent le chemin sous de solides ponts. Il faut compter environ 1 heure avant de trouver un chemin gravelé. Ce sera fait juste avant la passerelle sur le Javro.
  6. Essayez durant cette heure de reconnaître (avec la carte) quelques fermes ou chalets situés de chaque côté de la route.
  7. La 1ère ferme après les Mossettes, à droite, n'a pas de nom. La 2ème s'appelle les Plans. Plus loin, toujours à droite, c'est la Raynaude (trois constructions).
  8. Les Planfèches: c'est le nom de la ferme, à gauche du chemin après les Mossettes. Le chalet suivant, c'est la Petite Raynaude. La dernière grande ferme à gauche (près du poste 2) se nomme les Echelettes.
  9. Vous traversez maintenant le Javro (jolie passerelle, poste 3).
  10. Le sentier devient escarpé, tantôt en forêt tantôt dans les pâturages.
  11. La chapelle Saint-Garin est toute proche . Reposez-vous sur le banc, à l'abri de la bise, et admirez ce magnifique paysage.
  12. Vous aimeriez peut-être mettre des noms sur quelques chalets qui dominent cette vallée du Javro ? Sortez votre carte et vous trouverez les Gros Grenérets, les Gros Chomiaux, les Féguelenets, la Guisolande, l'Auta-Chia, etc.
  13. Descendez vers la ferme du Pré-de-l'Essert (poste 4) puis jusqu'au chalet de la Scie (poste 5).
  14. Le goudron est de nouveau de la partie pour ~50 minutes, mais à la descente cette fois.
  15. Après ~3 km sur ce chemin bitumé, vous verrez à votre gauche un grand chalet (les Reposoirs). Préparez-vous à bifurquer peu après à droite vers le Javro. C'est un beau chemin gravelé qui vous ramènera à la Valsainte. Vous enjamberez le torrent sur une passerelle construite récemment (vers 2005).

La région

Communes et fusions

Val-de-Charmey

2 435 habitants le 01.01.2017

Communes ayant fusionné :

  • Charmey
  • Cerniat

Lieux-dits

  • Cerniat : forêt défrichée
  • Charmey : pourrait se traduire par "Galmiz" ; Charmey viendrait du mot "Chaux" : terrain peu productif
  • La Tioleyre : tuilerie, indique la présence d'un sol argileux ; toponyme très fréquent
  • Les Gottes : petite source de surface, petit ruisseau
  • Les Mossettes : terrain humide, marécageux ; il semble qu'à l'origine ce soit un terrain moussu
  • Les Grenérets : cave à fromage, hangar à grains
  • Les Curtils : jardin, situé généralement près du village
  • La Cierne : forêt défrichée
  • Gros Chomiaux : endroit où le bétail se repose à l'abri du soleil
  • Les Echelettes : à la montagne, forte pente, parfois munie d'échelles
  • Le Devin : terre, souvent forêt, soumise à certaines restrictions telles que qu'interdiction du libre parcours et d'exploitation, s'il s'agit d'une forêt , ou interdiction de la vaine pâture durant une partie de l'année, s'il s'agit d'un champ ou d'un pré.
  • Les Levanches : coulée d'avalanche, endroit exposé aux avalanches ; en plaine, éboulement ou glissement de terrain.

Bossard & Chavan, Nos Lieux-dits, Cabédita

Rivières

Le Javro a de nombreuses sources du côté de la Berra, du Pré de l'Essert, des Dents Vertes, de la Balisa ou encore de Biffé. Il s'est creusé un lit profond entre Cerniat et Charmey.Il déverse ses eaux dans le lac de Montsalvens.

La chapelle du Pré de l'Essert

En 1146, des moines-armaillis vinrent s'établir au Pré de l'Essert. Cet endroit était situé sur le chemin Charmey-Le Lac Noir. Beaucoup de voyageurs passaient par là et s'y arrêtaient. La chapelle, dédiée à saint Garin, a été érigée entre 1560 et 1570. Elle abrite plusieurs tableaux de valeur. Celui du centre, peint à l'huile, représente sant Garin et saint Bernard de Clairvaux agenouillés devant une Vierge à l'Enfant. En 1990, des travaux importants ont été entrepris pour restaurer ce sanctuaire. Saint Garin est né en Lorraine dans la seconde moitié du 11ème siècle. Il a été le disciple de saint Bernard de Clairvaux. Il est mort en 1150, après avoir été évêque de Sion. Il excellait dans le travail de vétérinaire. Après sa mort, on l'invoquait pour qu'il protège et guérisse les animaux domestiques. Pendant plusieurs siècles, les paysans venaient au Pré de l'Essert de très loin à la ronde pour que les moines, au nom de saint Garin, bénissent leur bétail. Peu à peu, on se mit à boire, à danser, à festoyer, à tel point que les offices religieux passaient au second plan. En 1775, c'est le drame. Deux armaillis de la Singine se battent pour une fille. L'un des deux meurt assassiné. Ce fut la fin de la bénichon du Pré de l'Essert.

La chartreuse de la Valsainte

C'est dans la paroisse de Cerniat que se trouve la célèbre chartreuse de la Valsainte, la seule qui subsiste encore en Suisse. Fondée en 1295, alors que toute cette contrée était encore presque déserte, elle fut, sauf l'église, la proie des flammes en 1381, et de nouveau en 1732. Supprimée en 1778, elle servit temporairement d'abri, d'abord à trois reprises, pendant la Révolution française, aux Trappistes (1791- 1798 ; 1802-1811 ; 1814-1815), puis, sous la Restauration, aux Rédemptoristes (1818-1824). Le pape ayant érigé en abbaye l'ancienne chartreuse, elle eut comme premier abbé, dès 1794, Dom Augustin de Lestranges. Les Trappistes quittèrent la Valsainte quatre ans plus tard, sous la pression du Directoire qui menaçait Fribourg. En 1811, ils furent chassés par intervention de Napoléon. Après le départ des Rédemptoristes, le couvent fut abandonné: les cellules tombèrent peu à peu en ruine ; l'église finit par être démolie, de telle sorte que, du sanctuaire primitif, de style roman ogival, tout avait disparu, sauf l'entrée, desservie par un chapelain entretenu aux frais de l'Etat. Autorisés à rentrer par décret du Grand Conseil de 1861 - décret qui concernait les chartreux de la Part-Dieu, auxquels leurs biens furent rendus l'année suivante - les chartreux reprirent, en 1863, possession de la Valsainte, qui fut reconstruite alors et agrandie encore en 1886, en 1901 et en 1904.

L'église est dédiée à la Vierge. La façade, construite dans l'ordre toscan, en pierre de taille, a grand air. Au-dessus du maître-autel, le tableau de l'Immaculée Conception provient de la chartreuse de Nancy. Il est entouré de deux statues en bois : l'une de saint Bruno et l'autre de saint Hugues, qui se trouvaient à la Part-Dieu. Une troisième, de saint Antoine, est adossée à l'intérieur du jubé du narthex. Le siège du célébrant (du 17ème ou début du 18ème, comme les statues) provient de la chartreuse d'Ittingen. A côté de l'entrée du couvent, la chapelle de Notre-Dame de Compassion, réservée aux étrangers ainsi qu'aux habitants des fermes voisines, a été tout dernièrement dépouillée extérieurement de son crépissage. L'autel - c'était anciennement celui de l'église principale - est de Jean-François Reyff. Une Vierge en bois due au ciseau du même artiste a été restaurée par M. Armand Niquille avec sa polychromie primitive. La Valsainte, cette cité mystérieuse, est composée de maisonnettes au toit pointu où se déroule l'existence si mortifiée des fils de saint Bruno, l'Ordre le plus sévère que nous possédions chez nous.

Des réparations urgentes à La Valsainte

Les murs du monastère de La Valsainte se lézardent (en 2002) et menacent de s’effondrer. Des infiltrations d’eau attaquent l’intégrité de ce haut lieu culturel et historique helvétique, classé depuis deux ans dans l’inventaire des sites à protéger. Une association est née dans le but de trouver les fonds nécessaires aux travaux d’assainissement qui s’élèvent à plus de quatre millions de francs. Le couvent qui compte 27 pères et frères n’a pas les moyens de financer une telle opération. Les terres ne rapportent presque plus rien et Lothar (en 1999) a massacré les plus belles forêts du couvent. Les subventions du canton et de la Confédération devraient cependant couvrir la moitié des dépenses.

On n’est un homme que lorsqu’on a tracé un sillon dans un champ.

Il n’y a rien de si laid que la bassesse dans un vieillard.

Prosper Mérimée